Plaidoyer d’une méthode politique : le Design politique #polqc #assnat

Le Design politique: plaidoyer pour une réelle méthode politique 

Dès le départ, je vous avertis ; je ne suis pas un designer. Je ne m’y connais pas, mais après avoir lu quelques bouquins récemment, dont Court traité sur le Design de Stéphane Vial, j’ai décidé de m’inspirer de cette discipline pour innover ma pensée politique. Vous voyez, c’est que j’ai mal à ma politique !

J’aime la politique. Elle me passionne, elle coule dans mon sang. Je la connais bien et je crois sincèrement en sa capacité à faire avancer nos sociétés, particulièrement au Québec. Mais actuellement, au moment où elle doit démontrer son aptitude à relever d’énormes défis économiques, sociaux et écologiques, elle semble plutôt s’enliser dans la rhétorique idéologique, simpliste et populiste. J’ai mal à ma politique !

Une culture politique « départisanée »

Pendant que nos partis politiques (et ceux en devenir) semblent maintenir le cap, les voix s’élèvent pour exiger des changements profonds.  « Départisaner » la politique québécoise, évoque Sylvain Pagé. Faire des « propositions fortes » qui rétablissent la confiance des citoyens, nous implore Louise Beaudoin. On questionne même l’utilité des partis politiques. Laissez-moi donc vous poser une seule question. Croyez-vous que la politique, telle qu’elle est vécue actuellement, permet d’adapter notre société aux changements nécessaires ? (silence)

Clairement, notre capacité à décider collectivement est asphyxiée par notre culture politique actuelle. Elle nuit à l’efficacité de nos institutions démocratiques. Elle étouffe le besoin d’innover.  Elle s’articule autour de confrontations, au lieu de constructions. Plus important encore, elle paralyse la participation citoyenne, si nécessaire à une vie démocratique saine.

Pourtant, nous constatons clairement que nous, citoyens, nous ne contentons plus d’être des spectateurs, consommateurs d’un spin politique réducteur. L’Ère numérique nous rend tous des acteurs, des créateurs, des contributeurs. Alors, comment construire une culture politique participative où l’objectif premier est de résoudre des problèmes et non d’imposer des solutions miracles concoctées au sein des partis (ou de coalitions) ? Voilà pourquoi je sens le besoin de m’inspirer de quelques pensées du Design.

Le Design politique : l’exploration d’une nouvelle pensée politique 

« la responsabilité morale et politique du designer a pris dans la conjoncture actuelle une importance et même une urgence nouvelle » – Vilém Flusser 

Considérons le design comme « une discipline visant à représenter concrètement, une pensée, un concept ou une intention en tenant compte éventuellement d’une ou des contraintes fonctionnelles, structurelles, esthétiques, didactiques, symboliques, techniques et productives […] et s’inscrivent de préférence dans un contexte social, économique, culturel » (selon Wikipedia).

Le designer a une responsabilité de considérer le contexte et les contraintes d’un projet à être conçu. De cette responsabilité émerge la démarche éthique du design. « Le designer doit avoir un sens aïgu des responsabilités morales et sociales, en plus d’une connaissance approfondie de l’homme et ses enjeux », évoque Victor Papanek

Voilà une similarité apparente entre le rôle de la politique et du design. En effet, la politique sert d’espace où les enjeux sont évoqués sur la place publiques, les idées se confrontent et des décisions se prennent au nom d’un intérêt commun. Évidemment, ces décisions ne se prennent pas en vase clos. Elles s’inscrivent dans un contexte socio-économique. Elles doivent s’appuyer sur des objectifs minimalement argumentés et vérifiables, ainsi que sur des contraintes réelles et éventuelles. La démarche politique devrait comporter une éthique similaire. Et pourtant, nous évoquons notre crise politique sur une base régulière.

La différence entre le design et la politique réside dans leur méthodologie. De son côté, le design s’appuie sur des méthodes de travail, une structure qui l’amène concrètement de l’enjeu au prototype, que ce soit un objet, une interface ou une image. « L’essence du design réside dans ses processus qui consistent à découvrir un problème et tenter de le résoudre », nous explique Kenya Hara.

Stéphane Vial résume bien l’importance de la méthode pour le designer. Pour lui, le designer conçoit des projets « qui offrent  aux usagers une expérience de nature à satisfaire  leurs besoins et susceptibles d’enchanter leur existence. En ce sens, le designer est celui qui propose un état projeté de la réalité. Pour ce faire, il utilise une méthodologie qui lui est propre. » Il analyse, problématise, conçoit, dessine et explique.

La politique, de son côté, n’a pas de méthode. Au bon vouloir des politiciens et des partis, on peut consulter, proposer, négocier, compromettre et faire adopter des idées. On peut se donner des paramètres éthiques, mais du moment où la majorité est aquise, la recherche du « commun » n’est plus ou moins nécessaire. L’important est de maintenir la satisfaction des acteurs de son partis. Ainsi, les intérêts d’une « majorité » prévalent sur la construction du « commun ». L’absence d’une méthode me semble flagrante.

La méthode du User-centered Design : une inspiration pour la politique

 » If we are to deal with massive change that seems to be characteristic of our time, we all need to think in a way that let’s change happen » Bruce Mau

Pour Tim Brown, fondateur de la firme IDEO, la méthode du design permet d’éclater les barrières de nos conceptions pour trouver de nouvelles opportunités : « Design thinking is all about exploring different possibilities, a way to visualize an idea in a fundamentally exploratory process. » À ses yeux, cette méthode développe une culture de perpétuelle innovation car elle ravive l’exploration de nouvelles approches à chaque enjeu abordé. Elle ne reste jamais dans ses a priori. N’avons-nous par la nécessité d’innover les solutions à nos problèmes sociaux ? N’est-ce donc pas un mantra nécessaire pour la politique ?

Également, le User-Centered Design peut avoir une grande valeur pour la pratique politique car elle met au coeur de sa méthode l’usager. Cette méthode remet l’usager au coeur de la solution en l’impliquant dans les différentes phases du travail. Il est au coeur de l’analyse, de la conception et de la rétro-action.

The reason this process is called “human-centered” is because it starts with the people we are designing for. The HCD process begins by examining the needs, dreams, and behaviors of the people we want to affect with our solutions. We seek to listen to and understand what they want. We view the world through this lens throughout the design process. – IDEO, Human-Centered Design Toolkit (PDF disponible gratuitement)

N’est-ce pas là un guide utile pour l’exercice de la politique ? La force d’une telle méthode appliquer à la politique n’est pas dans sa capacité à produire des solutions parfaites, mais réside plutôt dans le processus qu’il crée. Chaque collaborateur (citoyens) s’approprie la démarche d’exploration et de réflexion. Cette méthode peut élargir sa compréhension de l’enjeu et différentes perspectives possibles car son engagement dans le processus est entier. Il est l’usager après tout !

Réaliser le design de notre culture politique 

 » On ne change pas le monde en combattant une réalité existante. Pour changer, construisez de nouveaux modèles qui rendront inutiles les anciens » Buckminster Fuller, designer

Considérant l’immense diversité de connaissances et des expertises des citoyens, il me semble impossible pour un politicien ou un parti politique de considérer sa solution comme LA solution. Il devient impossible de construire avec une telle vision réductrice de la complexité des enjeux de notre société.

Avec une telle méthode, la politique ne se résumerait plus qu’à un « marché » de partis, de promesses politiques chiffrées et de « leaders » politiques qu’on pige (pratiquement au hasard) une fois aux 4 ans. Avec une telle pratique, la politique pourrait se repenser comme une méthode par laquelle on explore des solutions de façon collaborative et ouverte à la diversité des perspectives.

Je vous proposerai quelques idées d’une méthode proprement politique d’ici peu…

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Les abstentionnistes nous prouvent-ils l’illégitimité des élections? #assnat #polqc #CdesCom

Comprendre les abstentionnistes, c’est constater l’illégitimité grandissante de notre système politique représentatif

We must know what part politics play in our lives. And until we become politically mature we will always be mislead, lead astray, deceived, or maneuvred into supporting someone politically who doesn’t have the good of our community at heart » Malcom X, 3 avril 1964

Depuis plus d’un an, j’explore l’état critique de notre démocratie. J’ai eu le plaisir de le faire avec le Groupe Femmes, Politique et Démocratie, lors du Sommet de Génération d’idées et, bien évidemment, à même ce blogue. Plus je constate l’actualité politique (notamment la crise au PQ), la grogne populaire grandissante et le cynisme à son apogée, plus je sens que notre système représentatif ne répond aux besoins de notre société démocratique et de ses enjeux.

Par contre, prétendre que notre démocratie est sur le respirateur artificiel n’est pas suffisant à mes yeux tant que je n’aborderai pas plus en détails LE plus gros symptôme ; les abstentionnistes aux élections !! En effet, à mon avis, si le système représentatif est devenu un cancer qui handicape notre démocratie, les absentionnistes sont le symptôme le plus convainquant ; il existe bel et bien une maladie !

Démystifier les abstentionnistes

À constater le déclin des taux de participation des récentes années, autant au Québec qu’au Canada, nous devons bien comprendre les tendances au coeur des abstentionnistes. Nous pouvons minimalement s’entendre sur un fait: si le vote est l’acte politique le plus important dans notre système politique, l’absence de 40% des voteurs ampute notre capacité à décider collectivement.

Évidemment, beaucoup d’encre s’est versé pour expliquer cet éloignement des électeurs. Les chiffres sont évidents, mais les interprétations sont-elles claires ? J’ai décidé de retourner dans mes textes de mon bacc, de faire appel à quelques amis pour explorer de nouveaux écrits et tenter de me faire une tête sur le sujet.

Je vous propose la meilleure synthèse de l’explication des abstentionnistes ;

[…] there are substantial life cycle effects, with turnout increasing by about 15 points from age 20 to age 50, remaining stable from 50 to 70, and slightly declining thereafter. These life cycle effects, however, do not explain the recent decline in turnout. There are also powerful generation effects, with turnout being about 20 points lower among the most recent generation than among pre-baby-boomers. This is the main reason why turnout has declined in Canada. The most recent generations are less prone to vote in good part because they pay less attention to politics and because they are less likely to adhere to the norm that voting is a moral duty. The decline in turnout thus reflects a larger cultural change. […]
Where does turnout decline come from?, Blais et al. 2004

1) Le « devoir citoyen » à voter s’affaiblit

Revenons sur cette citation car un constat semble évident. Il existe un changement dans notre culture politique si fondamental que chaque nouvelle cohorte d’électeurs est moins attaché au vote que ces prédécesseurs :

At the same age, turnout is 2 or 3 points lower among baby-boomers than among pre-baby-boomers, a very substantial 10 points lower among generation X than among baby-boomers, and another huge 10 points lower among the most recent generation than among generation X. Blais et al. 2004

Cette idée du « devoir citoyen », c’est-à-dire son rôle fondamental à exercer son vote et à avoir un impact « direct » sur la politique, est profondément ancré dans nos gènes socio-politiques (voir également cette récente étude commandée par le DGE qui démontre bien ce sentiment | voir p. 14, Tableau 2.1)

Or, cette norme de « devoir » semble s’affaiblir de cohorte en cohorte. Une différence de plus de 20 points dans le taux de participation entre notre génération et celle des pré-boomers me semblent énorme. Contrairement au mythe entretenu d’élections en élections par les médias et plusieurs chercheurs, que les jeunes ne votent pas, nous constatons plutôt que ce comportement s’étire jusqu’aux citoyens de 30 et 40 ans…

younger generations view the act of voting differently. [They] are less wedded to the norm that voting is not only a right, but also a civic duty. As a consequence, they do not feel morally obliged to vote whenever they are not particularly interested in a given election. Blais et al. 2004

Traduction: nous votons SI nous nous intéressons à une élection. Considérant que 9 électeurs sur 10 se disent « rébuté » par les politiciens, serait-ce plutôt le vote en soi qui perd de son intérêt et de sa valeur à nos yeux ? Il me semble que nous nous concentrons sur une ecchymose (sortir le vote des jeunes) pendant que le patient frôle la crise cardiaque !!!

Continuons à explorer les tendances …

2) L’éducation nous rend de plus en plus critique face au vote

Nous évoquons également une forte corrélation (voir même la causalité selon certains) entre le niveau d’éducation et la participation électorale. Par le passé, plus un électeur était éduqué, plus sa participation électorale était probable. Malgré le fait que nous continuons à répéter ce lien (notamment affirmé par l’étude de l’ULaval pour le DGE | voir le résumé), il est plus juste d’affirmer qu’aujourd’hui, l’éducation freine l’abstentionnisme, ni plus ni moins. Elle ne réduit plus le cynisme et ne stimule plus la participation électorale. Au mieux, elle est un baume analgésique… sur une plaie ouverte.

Chaque nouvelle cohorte est plus éduquée et mieux informée que la précédente. L’éducation publique et la révolution de la communication ont certainement contribué à l’émergence d’une société du Savoir. Or, la participation n’augmente pas. Le lien tant évoqué ne se démontre pas. Comment expliquer ce constat ?

Blais et al. nous permet de confirmer ce constat de belle façon. L’étude compare la probabilité de voter d’un « baby-boomer » de 30 ans (votant avant 1990) avec celle d’un « Génération X » de 30 ans (votant vers 2000) en considérant leur niveau d’éducation. Le résultat ? Indépendament du niveau d’éducation, la probabilité qu’un GenX vote à des élections chute dramatiquement. (voir image ou texte de Blais et al., p.230). Regardez l’écart de probabilité de vote … éloquent!!

Même si l’éducation nous permet de voir l’importance de la politique et du rôle du citoyen en général, elle nous offre un esprit critique, une liberté de pensée et, surtout, un éloignement vers un comportement codé et normalisé:

Rising living and educational standards produce citizens who give more value to personal choices than to traditional compliant values. Instead of being loyal to a political party and giving unconditional support to those who govern, they are more independent and sceptical. In general they are less prone to trust political institutions and traditional actors and are more critical. Where else does turnout decline come from? Gallego 2009

Ainsi, il y a lieu de penser que nous devenons de plus en plus critique avec le temps. À chaque nouvelle cohorte d’électeurs, même si davantage éduquée, la probabilité de voter baisse. Forcément, il y a un coût important que notre système démocratique paie d’élections en élections. Combien de temps pouvons-nous maintenir cette situation ?

3) Les élections créent un blocage naturel dans la participation citoyenne

Depuis que notre système représentatif existe au Canada/Québec, les élections ont toujours connu leur part d’abstentionnistes. Évidemment, chaque élection comporte des éléments spécifiques (enjeux électoraux, moment de l’année, etc.) qui expliquent le taux de participation. Par contre, un constat reste invariable : le caractère fixe d’une élection (jour, heure et endroit) engendre automatiquement des absentionnistes

Il en va de soi!! C’est inévitablement programmé à même le système électorale. Malgré le vote par anticipation (lui-même fixé dans le temps), les heures d’ouverture des bureaux de scrutin et l’obligation légale d’un employeur de permettre aux employés de s’absenter, le vote est un exercice ancré dans un lieu et fixé dans le temps. Il engendre inévitablement des barrières à la participation citoyenne. Pensez simplement à ceux et celles qui ne sont en mesure de se déplacer le jour du vote (étudiants à distance, travailleurs à l’étranger, handicapés et personnes âgées). Pensez à ceux et celles qui viennent de déménager et n’ont pas eu le temps de s’inscrire sur la liste électorale du DGE.

Attention ! Je reconnais que nous déployons plusieurs mesures pour paliers à ces réalités. Je soulève simplement un phénomène naturel qui vient avec un exercice ponctuel. Il n’en reste pas moins qu’il y a un coût démocratique à cette réalité; selon les études ci-haut mentionnées, les raisons circonstancielles peuvent représenter entre 10% et 25% des abstentionnistes. (prenez cette étude par exemple; Tableau 2.5 en page 19). À 40% d’abstentionnistes, concrètement, ça veut dire qu’entre 4% et 10% du total des électeurs perdent leur occasion de s’exprimer. Si, en plus, nous perdons de notre sens du « devoir » de voter, quelle motivation avons-nous ?

Le choix de notre « représentant » : une technologie dépassée ?

Après tous ces mots, que peut-on retenir? À mon avis, les abstentionnistes nous démontrent les failles grandissantes de notre système politique représentatif. Notre participation électorale, limitée à un X aux 2 ou 4 ans et circonscrite dans le temps nous satisfait de moins en moins. Et malgré le fait que nous avons de meilleurs outils pour comprendre la politique à travers . Je vous soumets que notre système représentatif arrive à la fin de sa pertinence comme « technologie » et comme « méthode » de gouvernance démocratique.

Faites l’exercice suivant : pensez notre système électoral comme une technologie qui transmets des millions d' »input » (votes) dans le sytème démocratique pour produire une série d' »outputs » (élus). Ces outputs décideront pour nous pendant plusieurs années avec peu de moyens de modifier le outputs en cours de route grâce à de nouveaux « inputs ». 250 000 inputs ont été produits pour évincer notre chef de gouvernement, mais aucun « output » a été produit par le système car ceux-ci n’étaient pas codifiés dans le système. Est-ce un système efficace ?

Quelles méthodes nos élus ont-ils développées avec le temps pour permettent à des milliers de leurs commettants de participer à la prise de décision collective ? Se déplacer pour les rencontrer ? Assister à des réunions ponctuelles, des commissions parlementaires ? Une fois le vote émis, décidons-nous réellement à travers notre représentant ?

Nous nous informons plus facilement, plus rapidement et plus librement. Nos sources d’informations ne sont plus que les médias « broadcast » traditionnels, ancrés dans leur monologue, mais s’étendent aux journalistes-citoyens, centres de recherches, agences gouvernementales, associations, etc. Nous sommes plus éduqués, plus compétents et plus au courant des enjeux qu’admettent nos politicens…à voir comment ils traitent l’opinion publique, du moins!!

Nous nous déplaçons graduellement vers un paradigme de dialogue, de co-création du contenu. L’information « brute » largement accessible grâce aux plateformes numériques nous permet de faire beaucoup plus pour la prise de décision collective. Or, notre système représentatif date d’une Ère (pré)Industrielle (18e-19e siècle) tandis que nous l’avons largement quittée.

Alors comment canalisons-nous l’expertise, la compétence et les connaissances individuelles dans une méthode proprement démocratique qui peut produire un organisme socio-politique plus « intelligent », capable de jouer un rôle crucial dans la gouvernance publique ?

Pour en savoir plus…

La crise du #PQ est celle de notre action collective #polqc #assnat

La crise du Parti québécois est celle de notre action collective

En lisant l’excellent texte d’Antoine Robitaille samedi matin, « la fin de la grille Meech« , quelques phrases ont attiré mon attention. Je les ai encerclées sans trop savoir pourquoi. Puis, à la fin du cahier Perspectives, je suis tombé sur un court texte de Jean Baillargeon intitulé « Avenir du Parti Québécois; Crise de Leadership ou crise idéologique?« . Là, ça m’a frappé comme une tonne de briques… je vous partage donc ma perspective de la crise actuelle et j’espère avoir vos commentaires par la suite!!

Voici les quelques lignes :

Le politologue Marc Chevrier de l’UQÀM, voit une autre cause profonde de la crise du PQ : « Les Québécois croient de moins en moins dans les bénéfices de l’action collective » […] les individus acceptent de moins en moins de s’effacer pour défendre « la ligne » définie par le chef. D’où les démissions en cascade au PQ, motivées de 5 manières différentes au moins.  » – Antoine Robitaille, « la fin de la grille Meech »

À l’instar de l’Église catholique en plein déclin au Québec, le Parti québécois est perçu dans le grand public comme ayant une idéologie « souverainiste » d’une autre époque, qui ne correspond plus aux besoins du peuple québécois […] » – Jean Baillargeon, « Avenir du Parti Québécois; Crise de Leadership ou crise idéologique?« 

Au coeur de ces deux phrases, deux constats me viennent à l’esprit;

  1. Que ce soit un « burn-out civique », postulé par Camil Bouchard, ou les résultats de sondages d’Angus Reid, la preuve est faite;  Nous constatons tous que notre désillusion politique est profonde et émotionnelle. Nous connaissons l’ampleur des défis devant nous, nous constatons l’inaction politique et nous nous sentons tourner en rond!! Mais sommes-nous au point où nous ne croyons plus à l’action collective ? Question en suspens pour l’instant…
  2. « Les individus acceptent de moins en moins de s’effacer pour défendre « la ligne » définie par le chef » J’espère bien! Les enjeux sont pressants et on veut que ça bouge. La preuve; on l’a affirmé haut et fort en choisissant une mort honorable au Bloc, en colorant la province orange et, maintenant ? Le PQ y goûte ! M. Baillargeon avait raison; le PQ (ou le leadership souverainiste?) semble moins au diapason avec les besoins de la société québécoise depuis 95.

Mais plus je lis les analyses des 2 crises « souverainistes », plus je constate qu’elles s’atardent trop sur le malade (la cause souverainiste) et peu sur la maladie (la crise démocratique). Analysons-nous que le symptôme ? Peut-on y voir un autre phénomène qui gruge les institutions souverainistes ?

Nombreux sont ceux qui se réjouissent de l’essoufflement des 2 partis politiques, sadiquement même. Mais contrairement à la vision de Mathieu Bock-Côté (voir à 6min50 de ce clip), je ne crois pas que « le PQ arrive au terme de son cycle historique » (traduit par; sa lente mort à l’image des « vieux-bleus »).

J’ai plutôt le sentiment de voir mourir une forme d’action collective (la mobilisation de causes en un projet unique) incarnée par le PQ et le mouvement souverainiste, et l’émergence imminente d’une nouvelle forme d’action collective qui, pour l’instant, germe ailleurs…

Le Parti Québecois a incarné une nouvelle forme d’action collective

Nombreux politologues et historiens me réprimanderont de simplifier l’histoire politique des 100 dernières années de cette manière, mais permettez-moi de vous proposer un croquis rapidement dessiné et non une toile détaillée et précise.

Depuis le 19e siècle au Canada et au Québec, le libéralisme politique a sculté notre société en dressant des institutions politiques, des lois et des modèles de développement. Inspiré des libéralismes britanniques et américains, des individus éduqués et compétents dans les professions « libérales » menaient le bâteau de la modernité à travers notre société.

Leurs pensées d’émancipation économique et individuelle accompagnaient une jeune société prête à se départir d’un conservatisme (ou  traditionnalisme) social, économique et religieux. Ils incarnaient un certain projet de société « moderne », adapté aux besoins de leur temps.

Mais soyons réalistes; dans une société peu éduquée, peu développée et encore largement allaitée par l’Église catholique, « l’action collective » était l’action d’une certaine élite libérale.

Puis, dans la foulée les mouvements sociaux (mai 68, Civil rights, mouvements écolo, étudiant, féministe et pacifique) et de décolonisation (décolonialisme, anti-capitalisme), une nouvelle forme d’action collective ailleurs se propage ici. La société était déjà plus éduquée et un peu plus égale. Les moyens de communications (et l’information) étaient plus accessibles et la prise de paroles plus facile. Nos yeux « collectifs » commençaient à s’ouvrir.

Une force sociale de plus en plus organisée, le syndicalisme représentait l’émancipation du travailleur. La quête féministe avançait d’acquise en acquis. L’éducation publique et universelle ouvrait des portes inimaginables vers un savoir collectif. La mobilisation devenait une expression politique régulière.

Bref, l’action collective s’élargissait un peu plus; c’est tout un mouvement de revendications sociales et économiques (notons surtout une éducation publique, « français, langue de travail » et l’affirmation de notre culture) qui semblaient converger dans la même direction. Toute cette énergie collective s’est éventuellement retrouvée au sein du Parti Québécois et son projet de société.

Tout le long de son existence, le Parti québécois a canalisé au sein d’un projet émancipateur un large éventail d’acteurs qui partageaient les mêmes attentes. Le programme politique du PQ et sa méthode était le plus « à jour » avec son temps…

Une Institution doit s’adapter à son temps… ou mourir.

Entreprise, ministère ou parti politique, toute institution doit s’adapter à son environnement, à ses membres et aux idées du temps. Une institution incapable d’être résiliente face à ces changements risque sa pertinence et sa capacité d’agir efficament sur une société.

La crise du PQ est celle de tous les partis politiques: particulièrement à l’ère du marketing politique & du « contrôle du message », la méthode qu’ils utilisent pour mobiliser l’action collective est en déclin. Pendant que la nature de l’action collective a radicalement changé depuis l’apparition d’Internet, les partis politiques perdent de leur pertinence et tardent à adapter leurs façons d’incarner l’action collective au XXI siècle.  Je dirais même qu’ils pourraient mourir s’ils n’offrent rien de nouveau.

Garder cette idée et laissez-moi revenir un instant à mes articles du Devoir. Voici où a frappé la tonne de briques:

[Jean-Herman] Guay (USherbrooke) croit même qu’on peut voir, dans ces révoltes arabes, des exemples de mouvements contemporains sans leader unique ni structures partisanes bien définis –  Antoine Robitaille, « la fin de la grille Meech »

Si les partis politiques ont longtemps été des porte-étendards pour l’action collective, leur pertinence reste à poser dans une société encore plus informée, plus éduquée et plus connectée. La nature de l’action collective a changé:

  • La collaboration est une réelle force motrice. Les wikipedia de ce monde (et il y en a des milliers) nous démontrent qu’une masse de petites contributions peut produire des plateformes de grandes valeurs.
  • Le savoir et l’information ne se limitent plus aux élites et s’étendent au-delà des frontières.
  • Il est possible de se coordonner, de se mobiliser et d’agir sur notre société indépendamment des institutions, dont les partis.

« Neuf électeurs sur dix se disent découragés ou rebutés par les politiciens », révèle un sondage La Presse – Angus Reid!

La crise du PQ a rien à voir avec la cause souverainiste… elle est simplement le symptôme d’une société qui cherche un nouveau porte-étendard de l’action collective du XXIe siècle.

Comment le voyez-vous ??

La renaissance démocratique; une affaire de médias sociaux?

J’écris ce billet  spontanée en réponse à un texte de Martin Lessard (dont j’aime ses réflexions) intitulé « Le démocratie représentative est obsolète« . Avant de lire son texte, détrompez-vous dès maintenant; Martin ne prétends pas l’obsolescence de la démocratie représentative, mais pose une série de questions pertinentes. En voici l’essence:

« Les médias sociaux pour refaire fleurir la démocratie? […] Mais est-ce que le déploiement à grande échelle dans la société (participation directe) possède les mêmes attraits, ou serait-ce seulement de nouveaux habits?  On sait que les médias sociaux influencent la vie politique. Le «franc-parler» des médias sociaux est une chose, mais gère-t-on une société à coup de «like»? Les événements montrent que c’est ensuite sur le terrain que ça se passe. Mais l’un ne va plus sans l’autre. À quoi ressemblerait une sortie de la démocratie représentative qui prendrait en compte la culture des réseaux? Si vous avez des pistes, n’hésitez pas. « 

En amont, Martin, j’espère que ça produira une discussion fort intéressante… voici ce que j’en pense.

La connexion + l’information « brute » = l’authenticité

« la tâche des vrais démocrates est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit et renseigné sur ses propres intérêts » – René Lévesque

Certainement, aujourd’hui, notre connectivité nous rend tous des démocrates, pour reprendre cette citation. Nous nous informons plus facilement, plus rapidement et plus librement. Nos sources d’informations ne sont plus que les médias « broadcast » traditionnels, ancrés dans leur monologue, mais s’étendent aux journalistes-citoyens, centres de recherches, agences gouvernementales, associations, etc. Nous sommes dans un paradigme de dialogue, de co-création du contenu. L’information « brute » largement accessible grâce aux plateformes numériques nous permet de faire beaucoup plus…

La conséquence directe se résume bien, à mon avis, dans la loi de Haque: « In a hyperconnected world, where information flows much faster and more freely, the cost of evil explodes ». J’irai plus loin que l’idée du « coût du mal » en incluant le coût de la fausseté. Dans un univers de connexions et d’information, les grandes campagnes de « branding » politique, les spins et autres phrases creuses perdent de leur traction au sein d’une population apte à aller au-delà des facades. Nous recherchons davantage d’authenticité car elle devient plus facilement accessible.

Le marketing politique (et les relations publiques de façon plus large) a structuré nos démocraties depuis le début du siècle. Heureusement, l’ère numérique (dont les médias sociaux sont un produit) nous amène au-delà…il faut simplement exiger l’authenticité et la transparence de nos décideurs !!

La collaboration citoyens-représentants

« Citizens are connected like never before and have the skill sets and passion to solve problems affecting them locally as well as nationally. » Tim O’Reilly

Les wikipedias de ce monde nous démontrent qu’il est possible de créer des outils d’énormes valeurs grâce à la collaboration de masse. Du moment où un large groupe d’individus partage les mêmes intérêts ou aspirations, il est en mesure de se concerter, de se trouver des normes de pratiques communes et, en peu de temps, produire l’action concrète « sur le terrain » dont tu parles avec raison. Des initiatives dont Open Architecture Network, Zopa et des milliers d’autres sont de belles illustrations du pouvoir d’une collaboration massive.

Pour reprendre ta question « gère-t-on une société à coup de «like»? « … la gérer, non (du moins, pas pour l’instant), mais en décider la direction ? Certainement ! Quelle est la différence entre un « X » aux 4 ans et un « like » typique des réseaux sociaux ? Le premier n’est qu’un chèque en blanc tandis que le deuxième offre une rétro-action soutenue et constante sur une panoplie de sujets, d’attribution de fonds publiques, etc. !! Les représentants (lobbying de tout genre) ne sont plus les seuls à offrir une expertise et une voix. L’ère numérique retire les barrières de l’accessibilité.

Alors comment canalisons-nous l’expertise, la compétence et les connaissances individuelles dans une méthode, un mécanisme qui peut produire un organisme « intelligent », capable de jouer un rôle crucial dans la gouvernance publique ? Une exploration théorique s’est fait par Vincent Olivier lorsque nous avons travaillé sur une possible Chambre basse virtuelle. Chose certaine, nombreux ouvrages démontrent le potentiel d’une telle collaboration ouverte. À LIRE: Shrirky et Surowiecki

Cette ouverture vers la contribution des citoyens dans la prise de décision pourrait leur donner un sentiment d’engagement puissant sur lequel une nouvelle culture collaborative peut se construire. Cette culture peut graduellement valoriser des milliers de citoyens à informer les décideurs (par un simple « like » ou par la transmission de liens, de rapports, etc.), s’informer adéquatemment de leurs décisions, s’approprier les décisions prises pour agir concrètement sur leur communauté et même permettre du « crowdsourcing » pour la mise en application des programmes.

Évidemment, on peut en dire beaucoup plus…

Comment diriger cette innovation ?

je me limiterai simplement à conclure avec cette idée: les réseaux sociaux ne sont que la pointe de l’Iceberg d’une nouvelle démocratie. Nous connaissons déjà ce qui réside sous la surface pour naviguer intelligemment ce changement de paradigme. La question que je me pose est; où naviguer ? À même les institutions actuelles (partis politiques et ministères) ou en marge de celles-ci ? L’un est un gros paquebot lent tandis que l’autre créera certainement des cassures, des coupures profondes et souvent douloureuses… Qu’en penses-tu??

Déclin de notre système représentatif


Notre démocratie sous sa forme actuelle est sur le respirateur articifiel

En effet, les événements des dernières années, ont entraîné une désaffection politique et une désillusion citoyenne dont aucune démocratie peut se remettre sans changements majeurs à l’exercice de la gouvernance démocratique.

Apathie, désengagement, impuissance, cynisme… me semblent les bons mots pour caractériser notre impression et notre réalité en tant que citoyen. Du même coup, aucun leaders se pointent le bout du nez pour offrir quelconque progès. Du vedettariat politique, c’est tout ce qu’on semble avoir.

Pourquoi donc ?? Nos démocraties sont en train de crouler sous le poids du clientèlisme (regardons le poids démesuré de certains lobbys), du populisme (on nourrit le pouvoir par les insécurités, l’ignorance et on peaufine notre marketing pour nos électeurs cibles. Labeaume et son Colisée à tout prix ou bien  le RLQ) et du dogmatisme (« you’re with us or you’re against us » semble prendre la place partout, du discours gauche-droite, souverainiste-fédéraliste, capitaliste-environnementaliste).

Mais plus important encore, notre capacité d’agir de façon démocratique, constructive et minimalement unie pour faire face aux énormes enjeux actuels et à venir est complètement paralysée par notre système politique représentatif.

Notre démocratie parlementaire « représentatif » est dysfonctionnelle

«Notre démocratie parlementaire est dysfonctionnelle quand nous élisons des gouvernements minoritaires et elle perd sa pertinence quand nous élisons des gouvernements majoritaires.» Le constat du politologue Peter Russell est brutal.

Le marketing politique (politique spectacle comme dirait Alec Castonguay) est d’une telle sophistication qu’on est capable de construire une perception si forte au détriment des faits, des preuves. Ils ne suffissent plus pour rétablir la réalité. La perception construite par nos partis et l’écosystème de relations publiques qui s’y nourrit tente de réécrire notre réalité…on appelle ça PROPAGANDE!!

On segmente, analyse, quantifie et construit nos propos selon la clientèle désirée. On cible chaque circonscription avec un message différent. On étiquette, on pige dans une catégorie socio-démographique pour se faire élire… à regarder autour de vous, votre intuition vous le confirme, n’est-ce pas??

On peut caractériser le contexte actuel comme le bout du système politique représentatif et le début d’une nouvelle forme d’expression démocratique. Regardons concrètement les souches de ce déclin.

Les citoyens…

  • n’ont pas de moyens de communications efficaces avec leurs représentants élus: rencontres, courriels, cocktails…pas mal les seules façons!!
  • ont de la difficulté à s’approprier les enjeux discutés et voient un énorme coût à s’informer…comment ils nous affectent, comment s’informer minimalement sur nos lois, où chercher l’information nécessaire pour qu’on prenne des décisions plus éclairées.
  • ne sentent pas que son support ou son opposition à des enjeux particuliers a un impact: les pétitions, le lobbying citoyen et la pression auprès des députés sont peu efficace pour toute l’énergie dépensée. Entre temps, la pétition ou la marche dans la rue est pas mal les seuls autres à leur disposition.
  • sont interpellés directement 1 fois aux 4 ans pour donner une réponse binaire; X ou pas de X, voilà la question!!

les Groupes d’intérêt…

  • sont encouragés à polariser le débat aux extrêmes uniquement pour dynamiser leurs supporteurs
  • sont dissuadés à interagir avec leurs opposants
  • se retrouvent rapidement dans un vide politique s’ils n’ont pas les moyens de financer un parti jusqu’au pouvoir.
  • influencent l’agenda politique de façon démesurée, en fonction de l’argent qu’ils ont.

Partis et politiciens…

  • ont peu d’incitatifs à rester au diapason avec leurs bases, leurs partisans locaux. Rares sont ceux et celles qui entretiennent une relation soutenue avec leurs commettants
  • se concentrent davantage sur les gains à court terme et les « sound bites » au lieu des enjeux à long terme.
  • lorsqu’ils s’attaquent à des enjeux à long terme, les ententes et négociations à huit-clos sont privilégiées au détriment d’une ouverture et transparence.
  • se basent sur les sondages publics et internes aux partis pour créer la différence, la dissension, la chirurgie de l’opinion publique. La conséquence est qu’on oublie facilement les choses qui nous unies.
  • profitent d’un système électoral parlementaire pour mettre de coté l’opinion de ceux n’ayant pas voté pour eux. Exemple: 38% des voix peut suffir pour être élu, ce qui veut dire que 62% ne te veut pas!!

Ces souches = conséquences concrètes

Notre système politique actuel perd sa légitimité collective. En exemples:

  • aux récentes élections fédérales, le taux de participation était de 61,4 %. Le parti conservateur, majoritaire, se retrouve au pouvoir pour 4 ans avec 39% des voix. Concrètement, à peine 1/4 de la population en droit de vote a CHOISIE ce gouvernement.
  • aux élections municipales de Montréal, le taux de participation était de 32%. Le maire Tremblay l’a emporté avec 37%. On y voit donc que 12% de la population en droit de vote a ouvertement affirmé son appui à la personne qui gouvernera Montréal.
  • aux élections provinciales de 2008 au Québec, le taux de participation était de 57%. 42% du vote exprimé a fait élire un gouvernement. Sommes toutes, c’est 24% des personnes ayant le droit de vote ont ouvertement appuyé un parti spécifique et l’ont mis au pouvoir.
  • aux élections fédérales de 2008, le taux de participation était de 59%, le plus bas taux répertorié. Le parti conservateur a reçu un appui de 38%, ce qui représente 22,4% de la population en droit de vote qui ont ouvertement appuyé un parti spécifique et l’ont mis au pouvoir.

Ces faits cimentent le cynisme des citoyens:

  • ++ près de 9 électeurs québécois sur 10 se disent «découragés ou rebutés» par les politiciens.
  • ++ Près de la moitié des Québécois sont si désabusés par la politique qu’ils se décrivent carrément comme des électeurs «cyniques»

« the significant problems we face cannot be solved by the same level of thinking that created them ». Einstein

voici ma piste de réflexion…

Où sont nos Leaders ??

« We have reached a crucial juncture in our history […] our generation is called upon to decide the fate of life on this planet[…] the world’s governements still spend a thousand billion dollars a year on arms and  the military and only a tiny fraction of this sum on maintaining a livable environment […] there is both a moral and a practical obligation for each of us to look beyond the surfaces of events and perceive the direction we are taking. »

Manifesto on Planetary Consciousness. Texte écrit par Dalai Lama et Ervin Laszlo (scientifique) et adopté en 1996 par le Club de Budapest, notamment par des membres illustres; Deepak Chopra (leader spirituel), Peter Gabriel (musicien), Mikhail Gorbachev (chef d’État), Vaclav Havel (chef d’État), Desmond Tutu (Prix Nobel de la paix), Mohmmad Yunus ( Fondateur de la Gramdeen Bank et Prix Nobel de la paix) et plusieurs autres figures spirituelles, politiques et culturelles.

Je suis perplexe…peut-être vous pouvez m’aider??

Depuis quelques années, je constate, comme la majorité d’entre vous, que nous sommes sur le bord d’une crise sans précédent. Documentaires, après rapports, après nouvelles, après d’autres documentaires, après clips-web, TOUS ces signes nous communiquent une prise de conscience essentielle, urgente, mais qui ne semble pas résonner chez nos leaders actuellement en perpétuelle campagne de « marketing » électorale.

Dit autrement (notamment par le Stern review en 2006), nous sommes à un point tournant sans équivoque: si nous agissons pas rapidement à réduire l’impact de l’activité humaine sur nos écosystèmes (au moment où nous avons encore les moyens d’agir), nous aurons un coût important à payer, un prix que nous ne pourrons pleinement payer.

« Human beings and the natural world are on a collision course. Human activities inflict harsh and often irreversible damage on the environment and on critical resources. If not checked, many of our current practices put at serious risk the future that we wish for human society and the plant and animal kingdoms, and may so alter the living world that it will be unable to sustain life in the manner that we know. Fundamental changes are urgent if we are to avoid the collision our present course will bring about. »

1992 World Scientists’ Warning to Humanity qui rassemblait plus de 1 700 scientifiques comprenant la majorité des Prix Nobel en science. Le texte complet sur le site web Union of Concerned Scientists

Pourtant, on en parle!! La société civile, le milieu scientifique et plusieurs personnalités d’envergure nous informent… alors pourquoi, en plein campagne électorale, cet enjeu est complètement éclypsé par la « stabilité » économique ? Semble-t-il que nous avons QUE quelques années pour agir avant que les impacts deviennent irréversibles… donc…

Pourquoi aucun leader en parle ?

J’ai rapidement fait le tour des plateformes politiques. Aucune mention des enjeux environnementaux sur le site du NPD. Le Bloc comporte quelques énoncés très peu développés, tandis que le PLC semble le parti politique le plus concret sur ces questions. Ai-je besoin de dire que les conservateurs ne pervoiçent pas la survie de nos écosystèmes d’un oeil intéressé!!??

Vu l’ampleur de l’enjeu, pourquoi nous en entendons si peu parler??

Selon John Wright, VP chez Ipsos-Reid; “You can’t run an election campaign nowadays on the environment … It’s not seen as a crisis in this country. It hasn’t affected people directly in many ways.” Comme avance Jean Monnet, « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. »

Serait-ce donc sur cette base que nos politiciens en parlent si peu ??  Ce n’est pas politiquement rentable?? Et pendant que les pétrolières s’adaptent aux changements climatiques notamment grâce à de profondes analyses, pourquoi nos décideurs, ceux qui doivent nous guider à travers les enjeux, ne s’imposent pas une telle analyse pour les fins de la gouvernance de notre société ??

Quel Leadership ?

Toute cette réflexion m’amène donc à me poser cette question. Est-ce que nos leaders deviennent trop dépendants du marketing politique pour éviter d’en parler ? La prise de pouvoir est trop importante pour la risquer ?

À quoi bon vouloir guider notre société si on évite de discuter ouvertement du plus important enjeu de ce siècle ? Plus important encore, à travers cet enjeu, une quantité incroyable d’innovations émergent (autant technologiques, en design, en urbanisme,  en économie, en finance et en politiques publiques). N’est-ce pas assez visionnaire pour inspirer la population canadienne??

Qu’en pensez-vous? Comment aborderiez-vous cette question en campagne électorale ? L’enjeu est-il à éviter ou, dit autrement, met-il à risque les résultats électoraux ?

Comment démontrer du Leadership en politique ?

Le Leadership d’une génération I

POUVONS-NOUS DEFINIR UN NOUVEAU LEADERSHIP?

« Human beings and the natural world are on a collision course. Human activities inflict harsh and often irreversible damage on the environment and on critical resources. If not checked, many of our current practices put at serious risk the future that we wish for human society and the plant and animal kingdoms, and may so alter the living world that it will be unable to sustain life in the manner that we know. Fundamental changes are urgent if we are to avoid the collision our present course will bring about. »

1992 World Scientists’ Warning to Humanity qui rassemblait plus de 1 700 scientifiques comprenant la majorité des Prix Nobel en science. Le texte complet sur le site web Union of Concerned Scientists

Chaque génération cherche à se distinguer de la précédente. Rien de nouveau là-dedans, c’est dans l’ordre des choses depuis la nuit des temps. Par contre, NOTRE génération risque d’avoir à relever des défis que bien peu de jeunes ont dû affronter avant nous: surconsommation, épuisement des ressources naturelles, dépendance au pétrole, fragilité des finances publiques et individuelles, essoufflement de la démocratie, poids démographique des aînés et, dans la prochaine decennie, réchauffement climatique… la liste n’en finit plus de s’étirer. Ce constat résonne fort dans la tête de la génération montante.

Or, le Québec stagne dans ses clichés et ses vieux réflexes dépassés : gauche-droite, privé-public, souveraineté-fédéralisme. L’État ne joue plus son rôle, nos décideurs délaissent leurs responsabilités et nos politiciens n’ont plus de vision. Tout le monde se campe dans ses positions, aucun parti n’assure un leadership rassembleur et il devient plus facile de se critiquer que de construire…tout n’est que des divisions et débats stériles. Et le pire dans tout ça, c’est qu’au moment où les réels enjeux émergeront, nous devrons vivre avec les conséquences des décisions qui ont été prises dans un tel climat.

Alors, au moment de prendre nous-mêmes les rênes de notre société dans 10 ou 20 ans, aurons-nous trouvé les solutions pour faire mieux?

Un premier Sommet générateur d’idées

Dans le contexte actuel où l’engagement citoyen et l’implication politique sont à leur plus bas, le Sommet de Génération d’idées tombe à point. Sera-t-il l’occasion de propulser notre génération montante vers de nouvelles bases? Personne peut en être certain, encore moins prétendre un nouveau mai 68. Chose certaine, pendant quelques jours, 200 jeunes des quatre coins du Québec se sont réunis sous un même chapiteau pour créer une énergie positive et constructive. On l’espère tous car cette énergie est si cruciale dans le débat public

Definir notre role

Dans la morosité actuelle, pouvons-nous assumer un rôle inspirant, être une source d’innovation et faire preuve de vision? Sommes-nous capables de changer les lignes de démarcation traditionnelles? Contrairement à nos leaders actuels, pouvons-nous – ou plutôt – devrons-nous développer une plus grande maturité dans le débat. À nous d’agir en conséquence. A nous de se définir un rôle dans notre société. A nous d’assumer une responsabilité commune de faire rêver le Québec…parce que nos leaders actuels ne nous font plus rêver d’une société meilleur. A nous de le faire!

Le leadership du XXIe siecle; «Thinking outside the box»

Par contre, prétendre faire rêver nécessite de nous un effort considérable de penser différemment les enjeux. Démontrons que le « outside the box » est notre laboratoire de pensée. Or, pour y arriver, il nous faudra développer une nouvelle forme de leadership qui ne sera plus basée sur le positionnement d’intérêts, sur les bonnes vieilles divisions, sur un pouvoir directif et sur des structures hiérarchiques conventionnelles. Ce nouveau leadership devra être ouvert, inclusif et participatif. Il devra être fondé sur une prise de décision la plus collective possible.

Utopique, diront certains. Irréalisable penseront d’autres. Mais si nous définissions de nouvelles bases du leadership pour y arriver, serait-ce possible? Après tout, il est impossible de s’attaquer aux enjeux avec le même niveau de réflexion qui les a créé, disait Einstein.

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