Notre démocratie sous sa forme actuelle est sur le respirateur articifiel

En effet, les événements des dernières années, ont entraîné une désaffection politique et une désillusion citoyenne dont aucune démocratie peut se remettre sans changements majeurs à l’exercice de la gouvernance démocratique.

Apathie, désengagement, impuissance, cynisme… me semblent les bons mots pour caractériser notre impression et notre réalité en tant que citoyen. Du même coup, aucun leaders se pointent le bout du nez pour offrir quelconque progès. Du vedettariat politique, c’est tout ce qu’on semble avoir.

Pourquoi donc ?? Nos démocraties sont en train de crouler sous le poids du clientèlisme (regardons le poids démesuré de certains lobbys), du populisme (on nourrit le pouvoir par les insécurités, l’ignorance et on peaufine notre marketing pour nos électeurs cibles. Labeaume et son Colisée à tout prix ou bien  le RLQ) et du dogmatisme (« you’re with us or you’re against us » semble prendre la place partout, du discours gauche-droite, souverainiste-fédéraliste, capitaliste-environnementaliste).

Mais plus important encore, notre capacité d’agir de façon démocratique, constructive et minimalement unie pour faire face aux énormes enjeux actuels et à venir est complètement paralysée par notre système politique représentatif.

Notre démocratie parlementaire « représentatif » est dysfonctionnelle

«Notre démocratie parlementaire est dysfonctionnelle quand nous élisons des gouvernements minoritaires et elle perd sa pertinence quand nous élisons des gouvernements majoritaires.» Le constat du politologue Peter Russell est brutal.

Le marketing politique (politique spectacle comme dirait Alec Castonguay) est d’une telle sophistication qu’on est capable de construire une perception si forte au détriment des faits, des preuves. Ils ne suffissent plus pour rétablir la réalité. La perception construite par nos partis et l’écosystème de relations publiques qui s’y nourrit tente de réécrire notre réalité…on appelle ça PROPAGANDE!!

On segmente, analyse, quantifie et construit nos propos selon la clientèle désirée. On cible chaque circonscription avec un message différent. On étiquette, on pige dans une catégorie socio-démographique pour se faire élire… à regarder autour de vous, votre intuition vous le confirme, n’est-ce pas??

On peut caractériser le contexte actuel comme le bout du système politique représentatif et le début d’une nouvelle forme d’expression démocratique. Regardons concrètement les souches de ce déclin.

Les citoyens…

  • n’ont pas de moyens de communications efficaces avec leurs représentants élus: rencontres, courriels, cocktails…pas mal les seules façons!!
  • ont de la difficulté à s’approprier les enjeux discutés et voient un énorme coût à s’informer…comment ils nous affectent, comment s’informer minimalement sur nos lois, où chercher l’information nécessaire pour qu’on prenne des décisions plus éclairées.
  • ne sentent pas que son support ou son opposition à des enjeux particuliers a un impact: les pétitions, le lobbying citoyen et la pression auprès des députés sont peu efficace pour toute l’énergie dépensée. Entre temps, la pétition ou la marche dans la rue est pas mal les seuls autres à leur disposition.
  • sont interpellés directement 1 fois aux 4 ans pour donner une réponse binaire; X ou pas de X, voilà la question!!

les Groupes d’intérêt…

  • sont encouragés à polariser le débat aux extrêmes uniquement pour dynamiser leurs supporteurs
  • sont dissuadés à interagir avec leurs opposants
  • se retrouvent rapidement dans un vide politique s’ils n’ont pas les moyens de financer un parti jusqu’au pouvoir.
  • influencent l’agenda politique de façon démesurée, en fonction de l’argent qu’ils ont.

Partis et politiciens…

  • ont peu d’incitatifs à rester au diapason avec leurs bases, leurs partisans locaux. Rares sont ceux et celles qui entretiennent une relation soutenue avec leurs commettants
  • se concentrent davantage sur les gains à court terme et les « sound bites » au lieu des enjeux à long terme.
  • lorsqu’ils s’attaquent à des enjeux à long terme, les ententes et négociations à huit-clos sont privilégiées au détriment d’une ouverture et transparence.
  • se basent sur les sondages publics et internes aux partis pour créer la différence, la dissension, la chirurgie de l’opinion publique. La conséquence est qu’on oublie facilement les choses qui nous unies.
  • profitent d’un système électoral parlementaire pour mettre de coté l’opinion de ceux n’ayant pas voté pour eux. Exemple: 38% des voix peut suffir pour être élu, ce qui veut dire que 62% ne te veut pas!!

Ces souches = conséquences concrètes

Notre système politique actuel perd sa légitimité collective. En exemples:

  • aux récentes élections fédérales, le taux de participation était de 61,4 %. Le parti conservateur, majoritaire, se retrouve au pouvoir pour 4 ans avec 39% des voix. Concrètement, à peine 1/4 de la population en droit de vote a CHOISIE ce gouvernement.
  • aux élections municipales de Montréal, le taux de participation était de 32%. Le maire Tremblay l’a emporté avec 37%. On y voit donc que 12% de la population en droit de vote a ouvertement affirmé son appui à la personne qui gouvernera Montréal.
  • aux élections provinciales de 2008 au Québec, le taux de participation était de 57%. 42% du vote exprimé a fait élire un gouvernement. Sommes toutes, c’est 24% des personnes ayant le droit de vote ont ouvertement appuyé un parti spécifique et l’ont mis au pouvoir.
  • aux élections fédérales de 2008, le taux de participation était de 59%, le plus bas taux répertorié. Le parti conservateur a reçu un appui de 38%, ce qui représente 22,4% de la population en droit de vote qui ont ouvertement appuyé un parti spécifique et l’ont mis au pouvoir.

Ces faits cimentent le cynisme des citoyens:

  • ++ près de 9 électeurs québécois sur 10 se disent «découragés ou rebutés» par les politiciens.
  • ++ Près de la moitié des Québécois sont si désabusés par la politique qu’ils se décrivent carrément comme des électeurs «cyniques»

« the significant problems we face cannot be solved by the same level of thinking that created them ». Einstein

voici ma piste de réflexion…

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Un commentaire sur « Déclin de notre système représentatif »

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