Plaidoyer d’une méthode politique : le Design politique #polqc #assnat

Le Design politique: plaidoyer pour une réelle méthode politique 

Dès le départ, je vous avertis ; je ne suis pas un designer. Je ne m’y connais pas, mais après avoir lu quelques bouquins récemment, dont Court traité sur le Design de Stéphane Vial, j’ai décidé de m’inspirer de cette discipline pour innover ma pensée politique. Vous voyez, c’est que j’ai mal à ma politique !

J’aime la politique. Elle me passionne, elle coule dans mon sang. Je la connais bien et je crois sincèrement en sa capacité à faire avancer nos sociétés, particulièrement au Québec. Mais actuellement, au moment où elle doit démontrer son aptitude à relever d’énormes défis économiques, sociaux et écologiques, elle semble plutôt s’enliser dans la rhétorique idéologique, simpliste et populiste. J’ai mal à ma politique !

Une culture politique « départisanée »

Pendant que nos partis politiques (et ceux en devenir) semblent maintenir le cap, les voix s’élèvent pour exiger des changements profonds.  « Départisaner » la politique québécoise, évoque Sylvain Pagé. Faire des « propositions fortes » qui rétablissent la confiance des citoyens, nous implore Louise Beaudoin. On questionne même l’utilité des partis politiques. Laissez-moi donc vous poser une seule question. Croyez-vous que la politique, telle qu’elle est vécue actuellement, permet d’adapter notre société aux changements nécessaires ? (silence)

Clairement, notre capacité à décider collectivement est asphyxiée par notre culture politique actuelle. Elle nuit à l’efficacité de nos institutions démocratiques. Elle étouffe le besoin d’innover.  Elle s’articule autour de confrontations, au lieu de constructions. Plus important encore, elle paralyse la participation citoyenne, si nécessaire à une vie démocratique saine.

Pourtant, nous constatons clairement que nous, citoyens, nous ne contentons plus d’être des spectateurs, consommateurs d’un spin politique réducteur. L’Ère numérique nous rend tous des acteurs, des créateurs, des contributeurs. Alors, comment construire une culture politique participative où l’objectif premier est de résoudre des problèmes et non d’imposer des solutions miracles concoctées au sein des partis (ou de coalitions) ? Voilà pourquoi je sens le besoin de m’inspirer de quelques pensées du Design.

Le Design politique : l’exploration d’une nouvelle pensée politique 

« la responsabilité morale et politique du designer a pris dans la conjoncture actuelle une importance et même une urgence nouvelle » – Vilém Flusser 

Considérons le design comme « une discipline visant à représenter concrètement, une pensée, un concept ou une intention en tenant compte éventuellement d’une ou des contraintes fonctionnelles, structurelles, esthétiques, didactiques, symboliques, techniques et productives […] et s’inscrivent de préférence dans un contexte social, économique, culturel » (selon Wikipedia).

Le designer a une responsabilité de considérer le contexte et les contraintes d’un projet à être conçu. De cette responsabilité émerge la démarche éthique du design. « Le designer doit avoir un sens aïgu des responsabilités morales et sociales, en plus d’une connaissance approfondie de l’homme et ses enjeux », évoque Victor Papanek

Voilà une similarité apparente entre le rôle de la politique et du design. En effet, la politique sert d’espace où les enjeux sont évoqués sur la place publiques, les idées se confrontent et des décisions se prennent au nom d’un intérêt commun. Évidemment, ces décisions ne se prennent pas en vase clos. Elles s’inscrivent dans un contexte socio-économique. Elles doivent s’appuyer sur des objectifs minimalement argumentés et vérifiables, ainsi que sur des contraintes réelles et éventuelles. La démarche politique devrait comporter une éthique similaire. Et pourtant, nous évoquons notre crise politique sur une base régulière.

La différence entre le design et la politique réside dans leur méthodologie. De son côté, le design s’appuie sur des méthodes de travail, une structure qui l’amène concrètement de l’enjeu au prototype, que ce soit un objet, une interface ou une image. « L’essence du design réside dans ses processus qui consistent à découvrir un problème et tenter de le résoudre », nous explique Kenya Hara.

Stéphane Vial résume bien l’importance de la méthode pour le designer. Pour lui, le designer conçoit des projets « qui offrent  aux usagers une expérience de nature à satisfaire  leurs besoins et susceptibles d’enchanter leur existence. En ce sens, le designer est celui qui propose un état projeté de la réalité. Pour ce faire, il utilise une méthodologie qui lui est propre. » Il analyse, problématise, conçoit, dessine et explique.

La politique, de son côté, n’a pas de méthode. Au bon vouloir des politiciens et des partis, on peut consulter, proposer, négocier, compromettre et faire adopter des idées. On peut se donner des paramètres éthiques, mais du moment où la majorité est aquise, la recherche du « commun » n’est plus ou moins nécessaire. L’important est de maintenir la satisfaction des acteurs de son partis. Ainsi, les intérêts d’une « majorité » prévalent sur la construction du « commun ». L’absence d’une méthode me semble flagrante.

La méthode du User-centered Design : une inspiration pour la politique

 » If we are to deal with massive change that seems to be characteristic of our time, we all need to think in a way that let’s change happen » Bruce Mau

Pour Tim Brown, fondateur de la firme IDEO, la méthode du design permet d’éclater les barrières de nos conceptions pour trouver de nouvelles opportunités : « Design thinking is all about exploring different possibilities, a way to visualize an idea in a fundamentally exploratory process. » À ses yeux, cette méthode développe une culture de perpétuelle innovation car elle ravive l’exploration de nouvelles approches à chaque enjeu abordé. Elle ne reste jamais dans ses a priori. N’avons-nous par la nécessité d’innover les solutions à nos problèmes sociaux ? N’est-ce donc pas un mantra nécessaire pour la politique ?

Également, le User-Centered Design peut avoir une grande valeur pour la pratique politique car elle met au coeur de sa méthode l’usager. Cette méthode remet l’usager au coeur de la solution en l’impliquant dans les différentes phases du travail. Il est au coeur de l’analyse, de la conception et de la rétro-action.

The reason this process is called “human-centered” is because it starts with the people we are designing for. The HCD process begins by examining the needs, dreams, and behaviors of the people we want to affect with our solutions. We seek to listen to and understand what they want. We view the world through this lens throughout the design process. – IDEO, Human-Centered Design Toolkit (PDF disponible gratuitement)

N’est-ce pas là un guide utile pour l’exercice de la politique ? La force d’une telle méthode appliquer à la politique n’est pas dans sa capacité à produire des solutions parfaites, mais réside plutôt dans le processus qu’il crée. Chaque collaborateur (citoyens) s’approprie la démarche d’exploration et de réflexion. Cette méthode peut élargir sa compréhension de l’enjeu et différentes perspectives possibles car son engagement dans le processus est entier. Il est l’usager après tout !

Réaliser le design de notre culture politique 

 » On ne change pas le monde en combattant une réalité existante. Pour changer, construisez de nouveaux modèles qui rendront inutiles les anciens » Buckminster Fuller, designer

Considérant l’immense diversité de connaissances et des expertises des citoyens, il me semble impossible pour un politicien ou un parti politique de considérer sa solution comme LA solution. Il devient impossible de construire avec une telle vision réductrice de la complexité des enjeux de notre société.

Avec une telle méthode, la politique ne se résumerait plus qu’à un « marché » de partis, de promesses politiques chiffrées et de « leaders » politiques qu’on pige (pratiquement au hasard) une fois aux 4 ans. Avec une telle pratique, la politique pourrait se repenser comme une méthode par laquelle on explore des solutions de façon collaborative et ouverte à la diversité des perspectives.

Je vous proposerai quelques idées d’une méthode proprement politique d’ici peu…

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Comments
3 Responses to “Plaidoyer d’une méthode politique : le Design politique #polqc #assnat”
  1. Ce texte confond partisanerie et solidarité. Il est faux d’affirmer que l’on peut donner un leadership solide et éclairé à la société avec un paquet de penseurs libres. C’est romantique comme idée, et supporté par une pléthore de films et de courant de pensée, mais cette conception ne passe pas l’épreuve de la réalité. Toute organisation, communautaire, politique, économique ou commerciale, doit avoir une voix unie, claire et distincte. Pour cela, on a besoin de solidarité. Pousser à l’extrême, cela donne de la partisanerie. C’est de trasser la ligne entre les deux qui est difficile.

    D’autre part, l’ère numérique transforme seulement quelques personnes en contributeurs de véritable contenu. Pour la plupart des gens, ces outils sont utilisés pour fortifier une identité narcissique maintenant devenu trait de société. Regarder votre fil de nouvelles facebook et faites le décompte une fois retiré les nouvelles rediffusés (articles de journaux, billet de blogue) et les impressions sur les expériences personnelles des gens. Que reste-t-il?

    Il est faux de penser que le crowdsourcing mènera à de meilleures politiques (comment faire pour mesurer le « meilleur » de toute façon?) et encore moins à une plus grand acceptabilité sociale des propositions politiques. La population ne prend même pas la peine de se déplacer pour voter, pourquoi prendrait-elle part à un processus beaucoup plus prenant et dont l’efficacité et la pertinence restent à démontrer? Et si seulement un petit groupe de gens y participait, en quoi se différencieraient-ils d’un groupe de pression standard? Grâce au processus utilisé pour déterminer leurs idées? Je doute que ce soit suffisant.

    La conception du design présentée ici est avant tout un outil de marketing. Que veut le citoyen? Offrons-le lui! Et si ce que désirait la moyenne de la population n’avait aucun sens? Dans la société d’aujourd’hui, on peut penser que la majorité de la population ne voudra que se propulser plus avant dans la consommation. Est-ce vraiment souhaitable?

    Cela dit, je vois un élément positif capital dans ce texte. C’est dans la réflexion qui tente de relier les moyens de communications et les théories modernes d’organisations à l’avenir de notre société. J’ignore comment se fera ce lien, mais il est nécessaire et pourrait être la source d’un changement dans le type de gouvernance que nous connaissons. En faisant des propositions comme celle-ci, cela force les acteurs à réfléchir et à réagir. La solution se trouvera justement dans le mouvement et la consultation, et c’est là que nous nous rejoignons.

    • paradigmes21 dit :

      Ouf… Miguel, dommage de constater autant de cynisme dans tes propos!!!

      D’une part, un des éléments les plus importants à batir actuellement est justement la solidarité. Comment pouvons-nous, en tant que société, prétendre être capable de s’adapter aux énormes enjeux à venir si nous continuons à « faire de la politique » qui s’appuie sur la confrontation d’idées. Le plus gros défi est de changer de paradigmes; de s’appuyer sur une méthode qui construit un sens commun à un projet politique. C’est la méthode qui le permet, pas la partisanerie. La méthode du design est une parmi tant d’autres…je vais ausssi me pencher sur ce que l’on appelle les « Dialogue-based methodologies » (http://theweave.info/) et son apport en politique.

      Le « romantisme » de l’idée de la politique-dialogue est supporté de beaucoup, beaucoup de penseurs (Blatteberg, Habermas, Taylor, Gandhi, Raulston Saul). Il est vrai de prétendre qu’elle « ne passe pas l’épreuve de la réalité », mais parce qu’elle n’est pas testé!! Commençons à tester la méthode (et d’autres) pour en apprendre les limites et le potentiel. Ça me semble plus constructif que perpétuer la façon actuelle…

      D’autre part, « la onception du design présentée ici » N’EST PAS un outil marketing. Miguel, prends 2 secondes à relire le texte… et à mettre la main sur le petit bouquin de Vial!! C’est justement son propos, appuyer par des gros canons en Design (Papanek, Heilbrunn, Ruskin, Starck… http://bit.ly/Lz1Nh). Justement Starck nous dit « le design cynique est l’idée que le design doit être seulement une arme au service du marketing et des industriels, dans le but de rendre les produits plus sexy. C’est de la merde, c’est ridicule et c’est obsolète!! »

      Si l’essence de la démocratie est de définir un (des) projets de société que nous voulons nous donner, que chaque personne peut contribuer à la prise de décision, le dialogue est nécessaire; à la fois pour renforcer la connaissance citoyenne, la collaboration et l’engagement qu’on a envers ce projet. La méthode de design (que je continue à travailler actuellement) focuse sur les contraintes de l’environnement socio-écolo-écono-politico-juridique pour que « l’objet » soit le plus pertinent et utilisable. Donc je crois qu’elle est encore plus pertinente que la politique faite actuellement. Regarde le Plan Nord…pas besoin de « l’ignorance populaire » que tu sembles évoquer, pour se foutre dans la merde « consommatoire »!!!

      Donc reste patient…je travaille justement sur les détails d’une telle méthode. Possiblement, tu y verras un peu plus la valeur de l’idée utopique que je propose ;)

  2. Pierre-Olivier dit :

    Très intéressant. « The HCD process begins by examining the needs, dreams, and behaviors of the people we want to affect with our solutions. We seek to listen to and understand what they want. » Cette phrase semble centrale à la proposition. Elle me rapelle le triangle que Claude Béland évoque souvant: ce qu’on veut faire, ce qu’on doit faire, ce qu’on peut faire. Et évidemment, tout commence par identifier, comprendre et énoncer clairement « ce qu’on veut faire ». IDEO avance qu’on peut inférer « ce qu’on veut faire » en examinant nos besoins, nos rêves et nos comportements. Fort intéressant. Ceci dit, le défi est davantage de trouver une manière d’opérationaliser tout ça…

    Quel serait le « livrable » à la fin d’un exercice de design politique ? Intuitivement, je pense à une constitution… Qu’as-tu en tête ?

    En réactions aux commentaires, je crois que les outils numériques contribuent largement au-delà de « l’identité narcissique » évoquée plus haut. Je crois qu’il s’agit d’un véhicule de contenu efficace. Et relayer des informations ne m’apparaît pas comme néfaste, potentiellement même comme un filtre de pertinence, tempéré selon la confiance en l’intermédiaire…

    Aussi, tout méchanisme qui remet la responsabilité sur le citoyen est susceptible de générer davantages de contenus authentiques. Faire confiance au citoyen pour vrai change son approche. Si on lui demande sérieusement ce qu’il veut, et qu’il percoit que ça réponse compte pour vrai, il ne dira pas n’importe quoi. « qu’il percoit que ça réponse compte pour vrai »: là est le défi fondamental. Mais en amont, on ne peut pas battre le cynisme si on ne fait pas confiance au citoyen.

    Reste que la remarque sur la solidarité/partisanerie me semble importante.

    Quelques commentaires reliés copiés d’une autre discussion, recopiés à la demande de Marc. (https://www.facebook.com/groups/89124608716/)

    « Je crois que même pour « les sans-partis », l’objectif ultime n’est pas nécessairement d’éliminer tous les partis politiques. Il semble que leur hypôthèse est que seul des députés sans partis peuvent mener à bien les réformes. Une fois un nouveau système en place pour mieux baliser l’acitivé partisane et surtout rendre l’institution poreuse à la décision/participation citoyenne, les partis sont des véhicules importants de mobilisation, de débat idéologique, etc. »

    « Et bien, tout dépend comme on conçoit les partis. Bien sur, si ce sont les partis actuels, avec les mêmes habitudes, structures, hiérarchies… qui reviennent, on n’est pas très avancé. Mais peu importe le label que tu donnes aux « groupes qui s’organisent », les citoyens avec des idées similaires vont spontanément se rapprocher et s’organiser, être près des députés qui partagent leurs affinités, et probablement reconnaître certains porte paroles charismatiques et/ou réputés pour leurs causes. »

    « Les citoyens qui s’organisent, il y en aura encore. Bannir les partis, peut-être que ça me fait peur même… S’il n’y a aucun mouvement populaire, on vire en technocratie. Bien entendu, je comprends que ce n’est pas de ce côté que tu regardes ! On cherche simplement à sortir des carcans. Je crois que ma question est la suivante: le concept de parti politique ne fait-il pas parti des modèles institutionnels qu’il faut réformer? Moins rigides, peut-être plus éphémères, etc. »

    «  »non plus comme institution, mais plutôt comme plateforme ou interface. » Excellent. J’aime beaucoup le concept d’interface. Ça laisse la porte ouverte à des coalitions plus fluides, momentanées. Selon les enjeux à gérer. Mais je crois qu’un des défis les plus importants qu’on a dans la réforme des partis est l’instinct citoyen. On parle beaucoup contre la ligne de parti, mais plusieurs répète qu’un député qui devient indépendant ou change de parti n’est plus légitime à moins de retourner en élection sous sa nouvelle affiliation. Car les citoyens votent souvent plus pour un ensemble d’idées que pour un individu. »

    « J’ai fait une petite mission exploratoire au Brésil en 2009. On y a rencontré des députés et sénateurs. J’ai discuté avec eux des travers de la rigidité de la ligne de parti. Mais je me suis tapé à un discours et un contexte très différent. Le gars le plus allumé et actif en terme de progrès démocratique était activement en campagne pour intégrer davantage de ligne de parti ! D’après lui, les députés n’étaient pas tenus de se conformer à rien… ou presque. Ça crée un fossé et un cynisme entre le citoyen et le député. « On vote sur ton programme (le programme de ton groupe), mais après tu ne t’y tiens pas et tu fais ce que tu veux! ». C’est aussi intéressant. J’en suis venu à me dire que la ligne de parti pouvait être souhaitable lorsqu’il s’agit du programme électoral. Maintenant, comment cette réflexion s’applique à un contexte Québécois renouvelé où le rendez-vous électoral n’est qu’un des nombreux moments lors duquel le citoyen sanctionne les orientations des élus… je réfléchis encore. ;) »

    « Un autre truc intéressant au Brésil: il y a une commission parlementaire pour étudier les projets de loi qui émanent des citoyens. Rien de révolutionnaire, facile à mettre en oeuvre, mais combien mieux que ce qu’on a ici !! Déjà un joli pas dans la bonne direction. »

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